HISTORIQUE DU MOULIN MARCOUX
ET DU SITE DE PÊCHE DÉRY

H I S T O I R E   D U   M O U L I N   M A R C O U X   2008  

 

  Toile de Gisel Bouliane
  Toile de Gisel Bouliane
La présence de la Jacques-Cartier a favorisé la colonisation et le développement industriel de Pont-Rouge. Après l'abolition du régime seigneurial en 1854 et la fin des activités du Moulin de la Dalle situé en bas du pont Déry, nombre de commerçants industriels optent pour l'exploitation de moulins à eau.
 
Hypolite Dubord, constructeur de navires à Neuville et membre du Parlement de Québec, fait construire le Moulin Marcoux en 1870 près du pont rouge, sur un terrain adjacent à sa maison. L'ouvrage est confié au maître maçon Alphonse Marcotte de Cap-Santé, celui qui a réalisé l'Église de Pont-Rouge. La pierre calcaire extraite des bords de la rivière sert à l'érection des murs. Le chantier dure deux ans. Le contrat stipulait que les dimensions du futur moulin devaient être de cinquante (50) pieds de front sur près de trente-trois (33) pieds de profondeur. L'épaisseur des murs devait être de trois pieds pour les fondations et de deux pieds et demi pour les premier et deuxième planchers.
 
L'emplacement détermine l'utilisation d'une roue à aubes. L'écluse est amenée au moulin par une dalle de bois qui part d'une chaussée à l'embouchure du canal et cette dalle mesure de quatre à cinq pieds de largeur par trois à quatre pieds de hauteur et chemine sur plus de trois arpents de longueur. Dubord meurt en 1872 et les dettes laissées entraînent la saisie du moulin puis sa vente à l'encan. Trois propriétaires se succèdent et en 1885, Joseph-David Marcoux achète le bâtiment. Une allonge de 9 mètres sert de résidence au meunier.
 
Après le décès de Marcoux en 1899, le moulin fonctionne de façon intermittente. En 1912, la compagnie Birds and Sons l'acquiert et en 1926, la Donnacona Paper en prend possession. Après la première Guerre Mondiale, le moulin sert de salle de spectacle et de cinéma. Le curé met fin à cela par crainte de désordre moral. Puis, le moulin sert d'entrepôt et d'atelier de menuiserie. Des travaux sur le pont et la construction de chemins modifient son environnement et son accès.
 
En 1974, la compagnie Domtar en fit don à la Corporation du Vieux Moulin Marcoux, qui entreprend la restauration du bâtiment et le transforme en centre d'art. L'année 1980 marque l'aboutissement de six ans de travaux: réfection et rénovation, maçonnerie intérieure et extérieure, fabrication de portes et de fenêtres, installation d'un bloc escalier central, installation de l'électricité et aménagement du terrain. Le Moulin Marcoux est fin prêt à commencer ses activités. On se doit de souligner le travail exeptionnel des 500 bénévoles impliqués dans tous les domaines qui ont participé à la restauration.
 
À l'intérieur, il ne subsiste rien des anciennes divisions mais des traces dans les plafonds permettent de suivre l'évolution de l'aménagement au gré des années. Les anciens foyers comprennent des conduits de fumée dotés de prises permettant d'y raccorder les tuyaux de poêles qui servaient au chauffage des pièces.

 

H I S T O I R E   D U   S I T E   D E   P Ê C H E   D É R Y   2008  
 
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 La pêche aux saumons (huile 18" x 48") Gisel Bouliane

Les eaux vives de la rivière prennent leur source dans les Laurentides et coulent vers le sud avant de se jeter dans le fleuve à Donnacona. Les flancs escarpés de la rivière et la force du courant rendaient difficiles les traversées en bac près de l'embouchure. Le franchissement des ponts de bois mal entretenus était périlleux. Des accidents de bateaux au 18e siècle faisaient également obstacle aux déplacements terrestres entre Québec et Trois-Rivières.
 
Pont-Déry (1830-1918) En 1791, le directeur des Postes, Hugh Finlay, recommande au gouvernement de construire un pont et d'aménager des routes d'accès. Le site est choisi en raison des rives qui sont les plus rapprochées. Un premier pont de maçonnerie s'écroule en 1798. En 1800, une loi confie la construction du pont à l'entreprise privée en échange des revenus du péage pour 30 ans. Les trois commissaires responsables retiennent les services du charpentier Jean-Baptiste Bédard de Québec. Il doit ériger la maison du péager qui débute en 1804.
 
Pont-Déry (1918-1939) Ce pont en bois sert jusqu'en 1830 et est remplacé en 1860, 1918 et 1939. Mécontents des tarifs exigés, les habitants construisent un autre pont près du village en 1825. Ce dernier est remplacé en 1838 par le pont rouge. Le système de péage demeure jusqu'en 1910. 13 bâtiments secondaires ont vu le jour mais actuellement, il ne reste que les fondations de la laiterie.
 
Maison Déry (1967) Les premiers occupants, péagers et gardiens du pont sont François Pommereau et son épouse. Devenue veuve, elle offre l'hébergement et la pourvoirie aux pêcheurs de saumon. En 1816, la famille Déry succède à la veuve Pommereau et poursuit ces services jusqu'en 1910. Le moulin à papier et le barrage de Donnacona sont construits et viennent interrompre la montée du saumon. La famille Déry quitte la résidence en 1936. La Donnacona Paper l'achète en 1945 et y loge des employés. En 1979, la Donnacona Paper fait don de la maison à la Corporation du Vieux Moulin Marcoux.
 
Tarifs pour traverser le Pont-Déry
L'affiche expliquant les tarifs pour traverser le pont
À la hauteur du site Déry, les saumons viennent se reposer dans les fosses avant d'affronter les chutes successives. Les premiers censitaires canadiens pêchent le saumon. Le seigneur de Neuville, Joseph Brassard-Deschenaux, interdit la pêche en 1786 et se réserve l'octroi d'autorisation moyennant redevances.
 
Le site attire les militaires anglais de la garnison de Québec qui viennent au début du 19e siècle y faire la pêche sportive et ils séjournent dans la maison du péager. Constitué en réserve exclusive en 1818, le site accueille l'un des premiers clubs privés de pêche à saumon voué à la conservation de la faune et à son exploitation limitée et privilégiée.
 
Le rivière est associée aux premières expériences de pisciculture réalisées en 1857 par le surintendant des pêcheries, Richard Nettle. Il construit un aquarium dans la maison de la rue Ste-Ursule à Québec où il fait éclore des oeufs de truites et de saumons prélevés dans la Jacques-Cartier. De 1860 à 1915, les droits de pêche appartiennent au maître brasseur de Québec, Joseph Knight Boswell et au Jacques Cartier River Fishing Club.
 
La construction du barrage met fin à la présence du saumon dans la rivière jusqu'à ce qu'un comité restaure le cours d'eau en 1977 avec un traitement des eaux, de l'ensemencement et par l'installation de passes migratoires. Depuis 1985, le saumon est de retour dans la rivière.